Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Biographies

René Rullier, étudiant à Grenoble, est membre du Groupe de Résistance "Petit Louis" commandé par Louis Clavel. Il participe à plusieurs opérations de harcèlement mais est principalement Agent de Liaison entre différents maquis.  Il se rend plusieurs fois à Annecy mais plus souvent cette activité le conduit à Lyon où il est arrêté et emprisonné courant mai 1943.

Interné pendant six mois à la Prison Saint-Paul, René est envoyé à la centrale d'Eysses, un camp d'internement situé près d'Agen. En mai 1944,il est conduit par les nazis au camp de Compiègne puis, plus tard, c'est le départ pour l'Allemagne. Le voyage dure trois jours  dans des conditions terribles, entassés dans des wagons à bestiaux, presque sans nourriture et sans eau. le convoi atteint le camp de concentration de Dachau (Allach). René effectue premièrement six mois de travail à l'usine BMW, puis est affecté au Kommando Dickerhoff, « le pire de tous ». Ce commando porte le nom de l'entreprise de travaux publics chargée de construire, de jour comme de nuit, une chape de protection antiaérienne de trois mètres d'épaisseur pour l'usine BMW.

« Le camp de travail d’Allach dépendait du camp de concentration de Dachau. Il était situé à une douzaine de kilomètres au sud de Munich. Ce camp abritait des centaines de détenus de toutes nationalités.

La journée de travail commençait à 6h 20 le matin pour se terminer à 18h 20. Il y avait une équipe de jour et une équipe de nuit et cela 6 jours durant.  Le dimanche, lorsqu’on n’était pas puni, nous était laissé à nous rencontrer. Donc chaque matin, après un « appel » nous prenions en rang par cinq la direction de notre lieu de travail, et là nous rejoignons l’endroit qui nous était affecté. Les uns prenaient place devant un tour, une fraiseuse, une perceuse pour faire des pièces de moteurs d’avions, d’autres se répartissaient dans les divers lieux d’activités du bâtiment :

Ils étaient affectés au commando du ciment, du travail sur les voies de chemins de fer, de remplir de graviers les bennes des camions ou  des wagonnets, c’était les plus mal lotis, car le travail était non seulement dur,  mais les « Kapos » et les « Meisters » étaient plus hargneux, plus sauvages que ceux de l’usine et de plus ils étaient exposés aux intempéries : pluie, neige, froid.

Une soupe claire à 12h, et à 13 h à nouveau « Arbeit », c'est-à-dire le travail et l’on attendait 18h 20 pour se rendre en rang par cinq, souvent accompagnés des coups de nos gardiens, car cela n’allait pas assez vite et c’était le retour au camp, toujours encadrés par nos « Postens » et leurs « chiens » et bien sûr l’appel, comme toujours, parfois très, très long avant de pouvoir retrouver notre baraquement, recevoir notre maigre ration de soupe, de pain, et une fois que nous avions donné notre cuillerée de soupe de solidarité, pour un de nos camarades vivement éprouvé, on pouvait s’étendre sur notre lit, un châlit à 3 étages où nous dormions par deux.

Surtout ne pas penser aux lendemains, aujourd’hui il faisait beau et chaud et nos gardiens n’ont pas fait trop de zèle, les Kapos aussi ».

René Rullier était titulaire des décorations suivantes:

Publié avec l'aimable autorisation de René Rullier.

Photo: Collection privée

Dernière mise à jour le 13 juin 2017-08:48:53

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