Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Biographies


Maurice Repellin est né le 10 Juin 1923 à Saint-Andéol, petit village du Trièves-Vercors. Ses parents exploitent une propriété agricole faite de forêts, prairies, rochers, élevage de moutons et producteurs de lait. Il vient avec ses parents chez son oncle qui travaille dans le transport et ramassage de lait sur Siccieu et Optevoz, sa tante exerce la profession d'institutrice. Ceux-ci pensaient garder Maurice quelques jours mais il y reste. Il suit une scolarité à l'école primaire d'Optevoz puis plus tard il rejoint le lycée à Pont-de-Beauvoisin de 1936 à 1937.

Début 1939, Maurice suit une préparation militaire avec des camarades à Crémieu, encadré par la Gendarmerie. Chose rare, Maurice obtient son permis de conduire à l'âge de 16 ans.

En septembre 1939, la France déclare la guerre à l'Allemagne suite à l'invasion de la Pologne. L'armée, mal préparée, subit en 1940 une défaite cinglante pendant l'offensive allemande. Maurice a de la famille dans l'Est de Nogent-en-Bassigny, elle vient se réfugier à Grenoble. C'est la débâcle de l'armée, exode des civils. Le 24 Juin, Pétain forme l'État Français, la collaboration avec Hitler et c'est l'occupation nazie. Le 18 juin 1940, Maurice est réquisitionné avec son camion par un Lieutenant et sa section afin de les transporter à la gare de Vienne, ils veulent rejoindre le midi et l'Afrique.

L'Allemagne a besoin de main d'œuvre. Avec l'aide de Vichy, Le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) est mis en place. Les jeunes sont réquisitionnés. Les caches s'organisent, il faut ravitailler ces jeunes.

En 1943, Maurice est appelé aux chantiers de jeunesse qui remplace l'armée. Il rejoint Cormatin en Saône-et-Loire, pendant huit mois. L'instruction est dure, beaucoup de marche, entre 20 et 40 km, pas d'hygiène, logé dans des cabanes en bois envahies de puces et punaises, pas beaucoup de nourriture. Après deux mois, il est muté au garage du regroupement en qualité de chauffeur. A Cormatin, Maurice fait la connaissance du chef de la Résistance locale Delorieux, qui sera fusillé à Mâcon. Un des fils Delorieux vient le voir et le fait sortir en civil.

Maurice Repellin participe au sabotage des voies ferrées au Bois Clair. Il participe à des réunions clandestines à Salornay. Il est muté à Paray-le-Monial, l'aérodrome Saint-Yan avait été bombardé début 1943; il faut le remettre en état. Avec deux ou trois copains, ils décident de prendre le train. Dans une petite gare vers Paray, où les gendarmes les attendent, ils sont pris en charge par le chef de train et les met en sécurité dans son wagon. Arrivés à en gare de triage de Collonges-Saint-Germain, le chef de train les conduit dans un local pour attendre le jour. Quelques instants après, des militaires allemands accompagnés d'un interprète, les interrogent mais tout se passe bien. Au jour, ils traversent les voies ferrées, les barbelés, des haies. Ils rejoignent Neuville-sur-Saône où il y a le Train Bleu pour Lyon. Ils subissent alors un contrôle de police, Maurice et ses copains sont munis de fausses cartes d'identité, tout se passe bien. Arrivés à Lyon, ils prennent le tramway pour rejoindre la gare de l'Est. Un contrôle par la milice se met en place dans le tram mais fort heureusement, il y a beaucoup de monde, ce qui bloque le passage aux miliciens qui viennent en leur direction. Maurice et ses copains sautent du tram. Arrivés à la gare de l'Est à Crémieu, ils sont pris en charge par Jo Garrivier avec sa 402 et les monte à Optevoz. Maurice est déserteur des chantiers de jeunesse, réfractaire, recherché par la police et la gendarmerie, il se cache chez un ami agriculteur.

Souvent à vélo, Maurice rejoint des copains pour assister à des réunions clandestines. Le 6 juin 1944, c'est le débarquement en Normandie, les Allemands nazis et milice sont de plus en plus féroces. Il y a souvent des barrages, contrôles, déportation. Juillet 1944 , Maurice doit rencontrer une personne à Four, à vélo, il part muni d'une fausse carte d'identité et fausse carte de travail. Sur la route vers Flosailles, un camion de troupes allemandes lui fonce dessus. Maurice se laisse tomber dans le fossé, le camion s'arrête, il ne bouge pas puis celui-ci repart. Maurice respire.

Vient ensuite la libération de la région : les combats du Lombard du 22 août; la libération de Bourgoin le 23 août, Saint-Savin; la libération de La Verpillière; les combats de Saint-Bonnet-de-Mure des 28 et 29 août; Lyon et Vaise toujours en auto avec ses camarades de combat Monginoux et Montagnon.

Maurice rejoint quelques temps plus tard Belley dans l'Ain, le 93ème Régiment d’Artillerie réorganisé. Ils partent dans les Alpes, en Maurienne, le Mont Froid. Durant cette période, Maurice suit les instructions sur les armes lourdes. Il est libéré début 1946.

Maurice Repellin est titulaire des distinctions suivantes :

Carte de réfractaire N° 1346-38

Carte de Combattant Volontaire de la Résistance N° 99320

Carte du Combattant N° 98.653

Témoin infatigable, Maurice, avec ses camarades de la Résistance, dispense des témoignages de cette période sombre de notre histoire dans les établissements scolaires du Nord Isère: écoles primaires, collèges et lycées, et aussi lors de « Résistances en chemins », projet pédagogique , culturel et sportif de la Ligue de l’Enseignement de l’Isère qui rassemble chaque année à Crémieu des centaines d’enfants de CM1/CM2 sur le thème de la Résistance , durant la seconde guerre mondiale.


Publié avec l’aimable autorisation de Maurice Repellin

Photo : © ANACR Morestel


Dernière mise à jour le 13 juin 2017-08:48:53

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