Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Biographies

Maurice Luya est né le 19 juin 1924 à Monestier-de-Clermont. Il vient vivre à Grenoble en 1932. Son père exerce la fonction de policier municipal. Maurice étudie au Lycée Vaucanson et il obtient les diplômes de CAP et Brevet Industriel. Sa carrière professionnelle commence en 1940 dans différentes entreprises de Grenoble. Mais il est loin d'imaginer que dans un futur proche, son engagement au sein de mouvements de Résistance, lui vaudrait les pires cauchemars de son existence.

L'année 1942 fut un tournant, Maurice est âgé de 18 ans, sportif et passionné de rugby, il est contacté par un voisin d'origine hongroise et décide de rejoindre la Résistance dans un groupe de FTP. La vie clandestine commence pour lui. Maurice est chargé de créer dans le Sud de Grenoble une organisation de Résistance, le Front Patriotique de la jeunesse. Il recrute des personnes au sein de son équipe de rugby, des amis d'enfance. Dix mois plus tard, ils sont dix-sept jeunes Résistants. Leurs missions : distribution de tracts dans les boites aux lettres, réaliser des tags de propagande. Ils commencent à faire des attentats : faire sauter les transformateurs dans les usines qui travaillent pour les allemands. Suites aux opérations de Résistance, il est averti que deux de ses hommes avaient été interceptés par les autorités. La brigade antiterroriste d'Annecy, déléguée par Pétain pour faire tomber les groupes de Résistance, qui était à Grenoble ce jour du 23 août 1943, les interroge. Un des camarades, en dépit des conseils de sécurité a sur lui les coordonnées d'un possible nouveau jeune Résistant, arrêté à son tour par lâcheté, désigne Maurice comme étant le responsable du groupe. Ne le connaissant que sous son nom de résistance, Marco, mais sachant où il habite, deux jours après Maurice est arrêté. Ils sont enfermés deux mois à la prison St Joseph puis jugés par un tribunal français.

Le préfet lance un mandat d'internement administratif ; il est interné au camp d'Eyjeaux en Haute-Vienne puis transféré dans le camp de Sainte-Sulpice-La-Pointe dans le Tarn.

Dans ce camp, il y a des écoles mises en place par les prisonniers politiques, les enseignants détenus. Il étudie la philosophie et la peinture quand d'autres apprennent à lire et écrire.  La Résistance continue à l'intérieur du camp. Certains gardes leur transmettent des messages de l'extérieur. Ils apprennent que les Résistants des maquis allaient les délivrer. Mais hélas, en juillet 1944 les prisonniers sont conduits dans des trains de marchandises en direction de l'Allemagne. Sans se douter un seul instant de ce qui les attendait là bas.

Ce fut Buchenwald. Les quinze premiers jours sont durs et les conditions d'hygiène sont déplorables. Maurice Luya n'est plus, il est le matricule 69732, la déshumanisation commence.  Ils sont vingt deux nationalités à tenter de se faire comprendre et à se partager les châlits. Beaucoup ne survivront pas aux corvées et aux coups portés par les SS. Maurice a plus de chance, il est assigné dans un Kommando pour travailler dans une usine souterraine où il doit rassembler les trains d'atterrissage d'avions. Du fait que ce Kommando travaille pour la firme Henkel, une partie des gardes dépendent de l'aviation, par conséquence les gardes SS évitent de les maltraiter. Ils doivent travailler douze heures avec très peu de nourriture dans le ventre... Et ceci, tous les jours.

A la surprise générale, en avril 1945, les allemands donnent l'ordre d'évacuer le Kommando de Rottleberode. Ils sont mis par dizaine, derrière des charrettes contenant l'intendance et les bagages. Ils doivent tirer celles-ci jusqu'à une ville du Nord.

La région est escarpée, les détenus sont faibles et les conditions atmosphériques rendent la progression plus difficile. Les SS veulent les emmener en Mer Baltique et les mettre sur les bateaux ! Maurice est entrain de vivre l'une des plus longues marches de la mort. Des SS sont placés devant pour monter le chemin. D'autres sont à l'arrière de la colonne et tuent les plus lents. Pour satisfaire les besoins naturels, il faut se placer au niveau de la tête de la colonne pour espérer terminer avant la fin de celle-ci sinon, la personne est exécutée.

Au fil de la progression, les rangs sont grossis par d'autres jusqu'à atteindre 2000 personnes. A un moment, leur chemin se divise en deux. 1100 personnes continuent à droite. Maurice a de la chance il est dans la colonne de gauche. Les SS conduisent la colonne de droite jusqu'à un village nommé Gardelegen. Les alliés arrivant en face, arrêtent leur progression, ne sachant pas quoi faire de ces prisonniers, les SS les enferment dans une grange et mettent le feu. Sur les 1100 prisonniers brûlés vifs, quinze seulement survivront.   

Le 22 avril, Maurice et ses compagnons arrivent à Berlin après trois jours de repos, de nouveau la marche reprend en direction du nord de l'Allemagne. Quelques jours après, ils couchent à même le sol dans une décharge publique. Avec un compagnon, il tente de s'évader. Ils avaient repéré un bâtiment avec les lettres KG sur le toit (prisonniers de guerre), ce sont des soldats français. La première tentative est infructueuse. Ils tentent une seconde fois et atteignent enfin le bâtiment. Les soldats français leur ordonnent de se déshabiller et brûlent leurs vêtements. Maurice et son compagnon reçoivent des uniformes français. Maurice ne saura pas ce qu'est advenu le reste de la colonne. Ils sont deux cent soldats français pour un seul surveillant SS. Sur leur chemin, ils croisent une Jeep anglaise. Ils sont sauvés

Mais il faut attendre le 22 mai 1945 pour que Maurice retrouve ses parents à Grenoble. Il ne pèse que 37 kg pour 1m79….

Maurice reprend ses études et devient chef d'équipe. Plus tard, il dispensera entre 300 et 400 témoignages et conférences dans les écoles sur cette période sombre de son existence.

Avec son épouse Marie-Claude, ils profitent depuis quelques années de leur maison de campagne à Faverges-de-la-Tour dans le Nord-Isère et s'adonne à la peinture et à l'écriture.

Maurice Luya était titulaire des décorations suivantes :

Mise en ligne avec l’aimable autorisation de Maurice Luya

Photo: © ANACR Morestel

Dernière mise à jour le 13 juin 2017-08:48:53

Mentions légales - © ANACR Morestel 2010 - 2017

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager par e-mail
Retour
Accueil Qui sommes-nous Le Mot de la Présidente Nous rejoindre Contact Communiqués ANACR Exposition Liens utiles Lieux de Mémoire Bibliographie Historique Biographies Photothèque Accès Forum