Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Historique

La Libération de La Verpillière

Après un casse-croûte à Thuellin et après avoir été mis en garde contre des coups de feu isolés, des groupes rejoignent Bourgoin à la tombée de la nuit. La 4ème Section est déjà partie pour prendre position du côté de La Verpillière. Par une nuit noire et aidés par une chance inouïe, d'autres éléments de la même section les rejoignent dans la fraîcheur et la rosée du matin. Ils dorment à même le sol, en attendant le lever du jour. Bien avant l'aube, ils sont debout et un bon casse-croûte les remet d'aplomb.

Trois Résistants partent en reconnaissance vers Bron. Du compte rendu, il en résulte que les allemands ne sont pas loin et arrivent en force. L'un d'entre eux est chargé de rendre compte au PC F.F.I. et à réclamer du renfort. L'effectif est composé de : une pièce de mitrailleuse, un bazooka servi par les pompiers de l'air, la 4ème Section est au complet. 7h30 : accrochage, les ennemis débouchent du village sur la grande route bordée de gros platanes. Les aviateurs (pompiers de l'air) expédient une torpille de leur bazooka puis disparaissent. La mitrailleuse des maquisards s'est enrayée.

La 4ème Section ne bronche pas. Les allemands progressent.  Chez les Résistants, un certain flottement se produit, ils élargissent un peu leur ligne de feu comprise entre un petit mamelon et la voie ferrée. Des éléments reculent, le moment est terrible car il est facile de se laisser entraîner par une fuite, d'autres n'ont pas bronché. Il ne reste plus qu'un seul F.M. et vingt-deux maquisards.

La mitrailleuse inutilisable et ses servants commencent un mouvement de repli. Le chef de pièce est touché. Il est allongé dans les chaumes et en plein découvert, ses hommes ne l'abandonnent pas mais ne peuvent le soulever car il est très lourd. Encadré de plus par le feu nourri d'une mitrailleuse allemande dont les balles soulèvent de petites colonnes de poussière. Sans y prendre garde, un maquisard s'approche du blessé, ses yeux sont voilés, la bave est à sa bouche, à demi conscient, il ordonne à ses types de le laisser tomber, mais ceux-ci ne peuvent s'y résoudre. On tente de lui faire reprendre courage et en s'aidant le mieux qu'il peut, il parvient à le traîner quelques mètres jusque dans un champ de topinambours et de là, par une volonté de fer, il parvient à rejoindre leur chauffeur qui, de toute urgence et grâce à sa traction, le transporte à l'hôpital de Bourgoin, en empruntant des chemins détournés. De plus, le chauffeur a pour mission de demander du renfort. Pendant ce temps, l'ennemi a mis ses mortiers en service mais leurs tirs ne font aucun mal.

Un maquisard est touché au front par l'éclat d'une balle explosive, le bord gauche de son casque est déchiqueté, sa visière a toute l'allure d'une tôle ondulée, il est évacué. Au début de l'engagement, un d'eux est parti demander du renfort. À ce sujet, malgré plusieurs appels, rien n'arrive. Que fabriquent-ils donc à Bourgoin ? Les F.F.I. et maquisards y sont nombreux, tous n'ont certes pas besoin d'assister aux funérailles des camarades tombés lors de la libération de cette ville. La cadence de tir des allemands ne s'est pas ralentie. Il ne leur serait pas compliqué d'encercler les maquisards.

Trois Résistants s'installent derrière un petit monticule isolé et situé entre une ferme et une usine. Avec deux fusils et une grenade, ils ne peuvent pas prétendre à arrêter une section nazie mais enfin, ils sont heureux d'être aux premières lignes. Après quelques coups de fusils, les allemands les repèrent et expédient des torpilles de mortier dans leur direction mais par suite à leur nouvelle position, les mortiers ennemis qui tirent de la route nationale ont une de leur propre mitrailleuse dans leur angle de tir et les Résistants ont une formidable joie de voir cette arme situé à une cinquantaine de mètres d'eux, mis hors de combat par une torpille à croix gammée. Les allemands continuent à tirer. Leur FM semble avoir considérablement ralenti sa cadence de tir, puis des deux côtés, le calme s'établit. Deux éléments de la 4ème Section partent pour le village. Une famille est incapable de leur fournir le moindre renseignement. Les deux Résistants empruntent la route nationale pour pénétrer dans le village. Personne ! Tout est calme … après une centaine de mètres d'infiltration, des habitants aux aguets se découvrent et veulent les faire boire et manger. Nos deux hommes sont très touchés de leur gentillesse mais le temps leur manque et ce n'est pas le moment de s'endormir. L'observateur de la mitrailleuse, trois ou quatre F.T.P. en traction noire les rejoignent. Ils apprennent que par manque de munitions, leurs groupes ont décroché alors que par une heureuse coïncidence, les allemands effectuaient leur repli. Sans le savoir, Nos trois Résistants étaient restés seuls. Des prisonniers civils ont été enlevés par les allemands. Une femme éplorée annonce que son mari, employé à la S.N.C.F. est du nombre car il a été pris avec des douilles vides dans ses poches.

Les maquisards vont reconnaître le corps d'un F.F.I., tué à la gare. Ils ignorent de quel groupe il appartient, il est vêtu en civil et porte un étui de chargeur de mitraillette Sten à la ceinture. Une balle en pleine tête a mis fin à ses jours. Déjà, le service de la Croix Rouge de La Verpillière est au travail. Les allemands ont abandonné une caisse d'obus. Tout le village est exploré mais peu après il est soumis à un violent tir de mortier. L'église semble être la cible principale, leurs premières positions les abritent. Vers 12h15, le maquis de Chambaran, bien armé et très discipliné, arrive en renfort et stoppe dans La Verpillière. Sa mission est remplie et ne veut pas se perdre en poursuivant l'ennemi hors de l'objectif fixé. Ce renfort est arrivé un peu tard, mais de bon cœur, les combattants d'Ambléon leur cèdent la place.

L'église a le plus souffert. Les civils tués par les allemands ont été fusillés sur la route de Lyon. Les paysans sont inquiets par la présence d'obus de mortiers non éclatés dans le voisinage de leurs habitations. Un seul conseil, les enfouir dans un tas de fumier en attendant l'arrivée problématique d'un service de récupération. La sortie du village est obstruée par un barrage formé d'arbres abattus par la 4ème Section qui a eu vite fait de se ravitailler en munitions. Le soir, ces derniers Résistants regagnent leur cantonnement de Bourgoin.

Résultats de l'accrochage de La Verpillière : un F.F.I. inconnu tué, sa présence à la gare n'est pas comprise car leurs positions en étaient passablement éloignées. Mais ils ne pouvaient que saluer sa glorieuse dépouille et lui doivent certainement une grande reconnaissance car si le voyant arrivé dans leur dos, les allemands ont dû se croire attaqués de plusieurs côtés et certainement a activé leur fuite. Trois ou quatre civils ont été assassinés.il y a des blessés, le plus gravement atteint est Julien Chollat, le chef de 3ème pièce de mitrailleuse. Touché aux reins, à une épaule et dont des éclats de balles explosives marquaient sa poitrine de trois bleus.

L'effectif des troupes nazies devait être d'une compagnie mais ils ignorent leurs pertes. En toute franchise, s'ils avaient tenu de 7h30 à 12h15, c'est qu'ils avaient la certitude que des renforts venant de Bourgoin seraient à leurs côtés d'une minute à l'autre. Les américains arrivent à Bourgoin et deviennent les maîtres de la ville. Si les maquisards fraternisent de bon cœur, ils sont cependant vexés de céder leur cantonnement pour aller se retirer dans le vieux collège.

Sources : © Archives AMARA - D'après les témoignages d'Achille C. et Marcel M.


Dernière mise à jour le 05 août 2017-19:35:06

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