Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Biographies

Louis Branchy est né le 7 septembre 1924 à Bourg-en-Bresse. En 1934, la famille Branchy s'installe à Taluyers, un petit village de pierre et de vigne à une vingtaine de kilomètres à l'Ouest de Lyon. Deuxième d'une fratrie de 11 enfants, il est à la veille de ses 15 ans à la déclaration de la guerre en 1939. Louis travaille la terre avec son père qui exerce la profession de métayer dans une ferme locale, père de famille nombreuse, il n'est pas mobilisable à la déclaration de la guerre. Ils ont cinq ou six vaches, un cheval, les conditions de vie à cette époque sont très difficiles. Famille très croyante, le seul journal qui est lu à la maison est "le Pèlerin". On ne parle pas de politique dans ce monde paysan où l'on vit en vase clos, individualiste, sans trop de relations avec le monde extérieur.

Louis vit très mal l'invasion de la France par les nazis en voyant passer les troupes de soldats allemands.

En 1942, Louis veut s'engager pour rejoindre l'armée d'Afrique, il va voir les gendarmes à Mornant afin d'établir un dossier d'engagement mais comme il faut pour ceci vouer fidélité à Pétain, Louis refuse de se parjurer. Les conditions de vie dans sa petite enfance pour raisons médicales l'ayant isolé de sa famille durant cinq ans, ont permis de lui forger une carapace. Ce fut, tout petit, le point de départ de sa rébellion.  

Dans la même année, il arrive en mairie un ordre de réquisition des hommes de 18 à 50 ans, pour garder des wagons stockés sur les voies ferrées à une douzaine de kilomètres de Taluyers près de Givors. ils sont par groupe d'une dizaine environ et restent sur le site, soit une journée entière, soit la nuit complète et ceci environ deux fois par semaine. A part la présence, quelle utilité ont-ils ? Civils, sans armes ni formations, que peuvent-ils faire? Pour passer le temps, certains jouent aux cartes, dehors par beau temps ou la nuit ou par temps de pluie, dans un wagon à la bougie. D'autres explorent les environs assez déserts. un jour, le hasard leur fait découvrir que les roues des wagons sont équipées d'un système de graissage permanent, grâce à des réservoirs d'huile solidaires des moyeux. Ces réservoirs sont remplis d'une huile pour mécanismes, comme celle utilisée pour les machines agricoles, faucheuses, moissonneuses et autres engins. Qui a l'idée de récupérer cette huile ?... Qui est rationnée comme tous les produits à cette époque. Munis de récipients de toutes sortes,  en mettant du ballast (gravier et sable) dans les boites, l'huile déborde et est récupérée. Combien de pannes provoquées suite à ces interventions ? Le sable est incompatible avec les roulements. Tous ces wagons destinés à emmener du ravitaillement réquisitionné, ou, des déportés  dans les camps de concentration en Allemagne. Peut-être qu'à l'occasion de ces pannes, certains ont pu s'échapper et ne pas connaître l'horreur des camps.

En 1944, la famille Branchy doit quitter Taluyers et se retrouve le 15 février 1944 à Passins à la ferme du château, son père étant employé provisoirement comme régisseur. Louis ne connaît personne dans ce nouveau village. Une question lui taraude l'esprit: comment faire pour entrer en action contre l'ennemi?

Courant mai, Louis se trouve à Morestel et voit une camionnette avec l'inscription à la peinture blanche FFI et des hommes à l'intérieur… habillé seulement d'un pantalon et d'un maillot de corps il part avec eux rejoindre le maquis de Novalaise en Savoie … Sans aucuns papiers d'identité, sa famille ne subira pas de représailles pouvant provenir de ses actes …

Le camp de base est une ancienne usine de tapis de Novalaise. Il participe à des opérations de harcèlement contre l'ennemi, à la libération de Bourgoin le 23 août 1944. Bien qu'antimilitariste mais pour la défense de son pays, il n'hésite pas à s'engager en septembre 1944 pour 6 mois, au 13ème BCA nouvellement reconstitué au Bourget-du-Lac. C'est ainsi qu'il remonte la vallée de l'Arc jusqu'en Maurienne. Stationné à Saint-Michel-de-Maurienne, Louis monte à 2000 m jusqu'au barrage de Bissorte pour éviter qu'on ne le fasse sauter et en même temps surveiller toute la vallée.

Louis, avec son régiment, traverse la Maurienne par le Pas du Sarrasin  pour aller récupérer le Fort du Lavoir sur la frontière italienne. Au cours du trajet,  ils essuient des tirs de mortiers allemands et italiens, ils ont juste le temps de se mettre à l'abri sous les rochers.

Les conditions de vie sont précaires sur le plan sanitaire. Louis reste plusieurs jours sans pouvoir se changer. La toilette est occasionnelle au gré des possibilités … sur le plan de la nourriture, les ravitaillements se font à dos de mulet et arrivent à se perdre, il faut se débrouiller comme on peut. Louis ne reste pas longtemps au Fort du Lavoir, le temps de faire quelques expéditions.

Le régiment se retrouve ensuite à Bourg-Saint-Maurice en Tarentaise. Il passe l'hiver au Petit-Saint-Bernard. Les températures sont rudes, les déplacements se font dans la neige à ski, la température descend à -25° la nuit. Au mois de février 1945, Louis, lors d'une permission, avec l'autorisation parentale, il n'est pas majeur, épouse Léa, une jeune fille de Passins.

Louis rejoint le 13ème BCA en Savoie jusqu'à sa démobilisation. On le conseille de prolonger son engagement pour aller se battre en Indochine ce qu’il refuse de faire. Il est libéré de ses obligations militaires le 5 mars 1945.

Au retour à la vie civile, Louis travaille dans une scierie à Arandon, un village voisin de Passins pendant une année, ensuite à l'usine de chaussures Servonnat à Morestel pendant dix ans. De son union avec Léa qui durera 62 ans, naîtront trois enfants.

Personne attachante, humaniste, disponible et d’une profonde gentillesse, Louis aime aller à la rencontre de la jeunesse avec le Comité Anacr de Morestel dans les écoles, collèges et lycées du Nord-Isère pour raconter sa Résistance, la Résistance et ses valeurs universelles …


Publié avec l’aimable autorisation de Louis Branchy

Photo : © Collection privée - Louis Branchy à Chambéry le 8 novembre 1944

Dernière mise à jour le 13 juin 2017-08:48:53

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